Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 06:20

bastille        Avec le renvoi de Necker et le stationnement de régiments du roi autour de Paris, les Parisiens craignent une réaction de l’aristocratie pour réprimer la révolution. Voulant se protéger, les Parisiens constituent une milice de 48000 hommes et portent comme marque distinctive une cocarde aux couleurs de Paris, rouge et bleu. L’insurrection est déclenchée mais les Parisiens n’ont pas d’armes. Pour cela, les émeutiers s’emparent des 40 000 fusils entreposés aux Invalides mais il faut de la poudre et des balles ! Le bruit court qu’il y en a à la Bastille. Cette forteresse dominant Paris avait quasiment perdu sa fonction de prison mais elle restait le symbole de la tyrannie monarchique.
      Les émeutiers envoient une délégation au gouverneur de la Bastille, le marquis de Launay. Le gouverneur refuse et les défenseurs de la Bastille ouvrent le feu sur les assiégeants. A leur arrivée, les soldats de la Garde Française fraternisent avec les émeutiers. A 17 heures, la Bastille capitule. La fusillade fait plus de 100 morts et le gouverneur est décapité sur le chemin, sa tête exhibée au bout d’un pique. La Bastille est rapidement démolie et devenant le symbole du peuple en armes, on en vend des morceaux…


     Dans ces deux scènes, le réalisateur s’appuie encore une fois sur la documentation iconographique disponible. Reconstituée au château de Tarascon, cette représentation dramatique et héroïque de l’événement épouse la thèse révolutionnaire en présentant le peuple de Paris assoiffé de justice et uni.  

      Revenant d’une partie de chasse, Louis XVI inscrit dans son journal la mention « Rien » pour le 14 juillet. Cette anecdote reprise par le réalisateur justifie l’idée d’un roi éloigné des préoccupations politiques de l’époque et des aspirations de son peuple. Mais ce journal est un journal de chasse et le roi a été informé de la prise de la Bastille le lendemain. Le 15 juillet, le duc de La Rochefoucauld aurait eu cet échange avec Louis XVI :

« C’est une révolte ? » demande Louis XVI.             

« Non sire, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution. » répond le duc.

      Devant cette entrée en scène du peuple de Paris, le roi cède car il est désormais impossible de venir à bout de l’insurrection parisienne. Le roi se rend à Paris et arbore la cocarde nationale ce qui marque l’union entre le roi et la nation. Au rouge et au bleu, on ajoute le blanc du roi !

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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 08:35

LouisXIVVersailles


Statue équestre de Louis XIV (Jardin du château de Versailles)





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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 05:29

    Face aux refus du roi d'accéder aux revendications du tiers état lors de la réunion des Etats généraux, ses députés et certains autres issus de la noblesse et du clergé se proclament Assemblée nationale (17 juin). Ils contestent ainsi l'autorité royale et affirment représenter la nation (souveraineté nationale). Pour cet affront, Louis XVI leurs interdit l'accès à la salle des Menus-Plaisirs. Ils se rendent alors dans la salle du Jeu de paume toute proche. Bailly, député de Paris, lit la déclaration suivante prononcée sous la forme d'un serment ce qui lui donne un caractère sacré et solennel : « L’Assemblée nationale, considérant qu’appelée à fixer la constitution du royaume, opérer la régénération de l’ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu’elle continue ses délibérations dans quelque lieu qu’elle soit forcée de s’établir, et qu’enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale ; Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution inébranlable. »

serment jeu de paume     Pour tourner cette scène, le réalisateur s'inspire de la gravure de Jacques Louis David, Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789 (1791). Il retranscrit cet événement et le transforme en mythe : il reprend la théâtralité de la gravure : ferveur et communion des députés, pureté inspirée de l’antiquité, vent de la liberté sur la France... Le peintre puis le réalisateur mettent en avant l'unité et même l'unanimité des députés qui acclament Bailly. Enfin, la présence de Versaillais aux fenêtres symbolise le soutien du peuple. En ce sens, cet événement marque le début de la souveraineté et de l'unité nationales. A l'inverse du film, la gravure de David comporte une scène de fraternisation entre un moine catholique et un pasteur protestant, signe d'une tolérance religieuse.

     Prenant la parole devant les députés, Louis XVI récuse la légitimité de cette Assemblée et promet quelques réformes comme l'égalité devant l’impôt ou encore l'abolition des lettres de cachet. Il demande aux députés de se réunir par ordre et exige la suppression de l'Assemblée. Mais au moment où les gardes semblent vouloir disperser les députés, Mirabeau prononce cette phrase célèbre : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes ! »

     Le roi cède : « Eh bien, dit-il, s’ils ne veulent pas s’en aller, qu’ils restent ! » La révolte de ces députés, issus de la bourgeoisie, se transforme en une révolution juridique : la monarchie absolue est brisée !

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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 18:47

   La Révolution française est un film historique français de Robert Enrico et Richard T. Heffron. Il a été réalisé avec un important budget pour accompagner les célébrations du Bicentenaire de la Révolution française (1989). Il se divise en deux parties : Les Années Lumières (réalisé par Robert Enrico) et Les Années Terribles (réalisé par Richard T. Heffron). La première partie regroupe les événements de 1789 jusqu'à l'assaut des Tuileries le 10 août 1792.
« De par le Roi,

Notre aimé et féal.

Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter toutes les difficultés où Nous Nous trouvons relativement à l'état de Nos finances, et pour établir, suivant nos vœux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets et la prospérité de Notre royaume. Ces grands motifs Nous ont déterminé à convoquer l'Assemblée des États de toutes les provinces de notre obéissance, tant pour Nous conseiller et Nous assister dans toutes les choses qui seront mises sous nos yeux, que pour Nous faire connaître les souhaits et doléances de nos peuples, de manière que par une mutuelle confiance et par un amour réciproque entre le souverain et ses sujets, il soit apporté le plus promptement possible un remède efficace aux maux de l'État, que les abus de tous genre soient réformés et prévenus par de bons et solides moyens qui assurent la félicité publique et qui nous rendent à Nous particulièrement, le calme et la tranquillité dont Nous sommes privés depuis si longtemps. »

    Par cette lettre du 14 janvier 1789, Louis XVI convoque les États généraux à Versailles. En effet, la crise économique, le déficit du budget, les révoltes populaires et la crispation nobiliaire obligent le roi à rassembler les représentants (députés) des Français. Les 1118 députés réunis représentent les trois ordres : clergé, noblesse (marquis de La Fayette, héros de la guerre d'Indépendance des Etats-Unis) et tiers état (Mirabeau et Robespierre). Le roi, la reine, la cour et les ministres dont Necker assistent à la séance.

etat generaux    La cérémonie a lieu le 5 mai 1789 dans une vaste salle aménagée dans l’hôtel des Menus Plaisirs, avenue de Paris à Versailles. S'inspirant de la documentation de l'époque notamment de la gravure de Jean-Michel Moreau, Séance d'ouverture des états généraux, 5 mai 1789 (1789), le réalisateur reconstitue la Salle des Menus Plaisirs dans un studio à Joinville. Cette salle illustre la grandeur de la monarchie et le faste royal (immensité de la salle, raffinement des décorations, richesse du dais sous lequel trône le roi) renforcée par l'ajout d'un morceau de musique classique. Mais ce qui devait être un moment de sérénité et de concorde, se transforme rapidement en une contestation de la monarchie absolue. En effet, le roi et chacun des ordres défendent des intérêts différents.
    Le roi refuse toute innovation malgré quelques concessions. D'ailleurs la disposition de la salle avec une mise en place des députés par ordre, le tiers étant relégué au fond de la salle, marque cette volonté de ne pas changer l'ordre ancien.

    La noblesse (270 députés) souhaite en finir avec la monarchie absolue imposée par Louis XIV et reprendre ainsi ses pouvoirs d'autrefois. Le clergé (291 députés) souhaite maintenir le statu quo.

    Le tiers état (557 députés) aspire aux réformes. Un problème demeure : le vote. Si l'on vote par ordre, la noblesse et le clergé étant majoritaires (2 contre 1), les réformes ne pourront pas aboutir malgré la présence de réformateurs parmi eux ! Si l'on vote par tête, le tiers état étant majoritaire, il l'emporte ! Mais le roi refuse le vote par tête ce qui montre son refus de réformer le système politique.

    Devant la réaction des députés du tiers-état, le roi lève la séance. Même si à cette époque personne ne parle encore de révolution, cette date marque le début de la Révolution française. Le comte d’Osmond, l’un des rares gentilshommes de la cour à ne pas assister à la cérémonie d’ouverture des États généraux justifiait son absence ainsi : « C’est que je n’aime pas les enterrements et pas plus celui de la monarchie que les autres ».
   Ici le film défend défend la thèse d'une France coupée en deux : une partie acclame le roi (noblesse et clergé) et l'autre le boude (tiers état). Signe que ces deux France s'ignorent, on nous montre le dauphin qui découvre le tiers état...

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