Jusqu’à l’entrée en guerre des États-Unis, les studios d’animation américains semblaient peu préoccupés par la Seconde Guerre mondiale. Mais, l’attaque de Pearl Harbor par l’aviation japonaise (7 décembre 1941) marque un tournant. Immédiatement, le gouvernement réquisitionne tous les studios d’animation : la machine de guerre américaine se met en marche. Disney et Tex Avery assument alors la lourde tâche de vulgariser les enjeux du conflit. Toutes les stars (Popeye, Donald Duck, Bugs Bunny, Dafy Duck, etc... ) sont mises à contribution et participent à l’effort de guerre. Véritables documents de propagande, la fibre patriotique est exacerbée et l'on s'engage ouvertement contre les fascistes de toute espèce. Destinés à un jeune public, ces dessins animés transforment la guerre en un jeu d'enfants...

Popeye the sailor, Spinach fer Britain
    Ce premier dessin animé est une référence directe à la guerre de l'Atlantique au cours de laquelle les sous-marins allemands U-Boot faisaient une chasse aux navires américains. Cette aide matérielle américaine permettait à l'Angleterre de tenir à un moment où l'Europe était sous la domination allemande. Ainsi, en bon patriote, Popeye le marin, participe à l'effort de guerre en livrant ses épinards... Aucun propos raciste à l'égard des Allemands : le mal n'était pas l'Allemagne mais les nazis, présentés comme stupides et dociles. Malgré le brouillard et les mines, Popeye trouve sa route (aidé par la cloche de Big Ben) et arrive jusqu'au 10 Downing Street, résidence du Premier ministre anglais.

Popeye the sailor, You're a sap, Mr. Jap

    Dans ce deuxième dessin animé, Popeye affronte des Japonais dans le Pacifique. Popeye est un marin pacifiste : il accepte de signer la paix avec les Japonais mais c'est une ruse. Les Japonais sont présentés comme hypocrites et lâches : ils frappent dans le dos ! Mais le marin se défend, la Victoire (V) est certaine. De toute façon, le matériel japonais est de si mauvaise qualité... A la différence du premier dessin animé, le propos est clairement raciste avec des stéréotypes physiques (petits aux dents longues) et culturels (kamikaze). Le traumatisme de Pear Harbor est encore présent. Les États-Unis ont besoin de reprendre confiance en eux. 
Donald Duck, Der Fuehrer's face
    Dans ce troisième dessin animé, Donald Duck est en Allemagne. Véritable parodie du régime nazi, ce document est inondé de référence :
La croix gammée, symbole des nazis, est partout. Même les buissons, les nuages et les poteaux ont épousé cette forme.

Hitler bénéficie d'un culte de la personnalité d'où le titre du dessin animé. Même la maison de Donald a la forme du Fürher. Dans la chanson, tous répètent : « Nous crions Heil ! Heil ! Ne pas aimer le Führer est une grande disgrâce. »

Le militarisme allemand est illustré avec l'usine d'armement de Nutziland (de nut, fou). La liberté d'expression y est réprimée et le travail y est forcé. Cette scène du travail à la chaîne est-elle une référence à celle des Temps modernes ? Dans la chanson, il est fait référence à la conquête « Nous remettrons de l'ordre sur la Terre ».

La propagande est omniprésente. Donald se retrouve embrigadée dans une fanfare dans laquelle apparaissent, avec des traits caricaturés, Goebbels (ministre de l'information et de la propagande en Allemagne), Göring (ministre de l'Air en Allemagne), Mussolini (dictateur italien) et Hiro-Hito (empereur du Japon). A cause du rationnement et des pénuries, Donald mange des produits de très mauvaise qualité (ersatz).

Le racisme des nazis est explicite dans la chanson : « Nous sommes la race des seigneurs. Ne sommes-nous pas des surhommes, nous la pure race aryenne. »
Mais tout ceci n'était qu'un mauvais rêve... Donald Duck est bien dans sa douce Amérique (home sweet home). 

 

Blitzwolf

    Dans ce quatrième dessin animé, le loup (Hitler) combat les trois petits cochons (américain et européens, sans doute français et anglais ou encore russe). Les Américains endossent le rôle de défenseur avisé alors que les Européens sont frileux et confiants dans les intentions d'Hitler avec cette référence au pacte de non-agression. Mais le loup, lance sa guerre éclaire (Blitzkrieg) avec ses avions et ses chars. La référence à la bataille d'Angleterre est très nette avec les bombardements aériens, les D.C.A. et les radars. La machine de guerre américaine permet de remporter la guerre et de terrasser la bête. 

 
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