Face aux refus du roi d'accéder aux revendications du tiers état lors de la réunion des Etats généraux, ses députés et certains autres issus de la noblesse et du clergé se proclament Assemblée nationale (17 juin). Ils contestent ainsi l'autorité royale et affirment représenter la nation (souveraineté nationale). Pour cet affront, Louis XVI leurs interdit l'accès à la salle des Menus-Plaisirs. Ils se rendent alors dans la salle du Jeu de paume toute proche. Bailly, député de Paris, lit la déclaration suivante prononcée sous la forme d'un serment ce qui lui donne un caractère sacré et solennel : « L’Assemblée nationale, considérant qu’appelée à fixer la constitution du royaume, opérer la régénération de l’ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu’elle continue ses délibérations dans quelque lieu qu’elle soit forcée de s’établir, et qu’enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale ; Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution inébranlable. »

serment jeu de paume     Pour tourner cette scène, le réalisateur s'inspire de la gravure de Jacques Louis David, Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789 (1791). Il retranscrit cet événement et le transforme en mythe : il reprend la théâtralité de la gravure : ferveur et communion des députés, pureté inspirée de l’antiquité, vent de la liberté sur la France... Le peintre puis le réalisateur mettent en avant l'unité et même l'unanimité des députés qui acclament Bailly. Enfin, la présence de Versaillais aux fenêtres symbolise le soutien du peuple. En ce sens, cet événement marque le début de la souveraineté et de l'unité nationales. A l'inverse du film, la gravure de David comporte une scène de fraternisation entre un moine catholique et un pasteur protestant, signe d'une tolérance religieuse.

     Prenant la parole devant les députés, Louis XVI récuse la légitimité de cette Assemblée et promet quelques réformes comme l'égalité devant l’impôt ou encore l'abolition des lettres de cachet. Il demande aux députés de se réunir par ordre et exige la suppression de l'Assemblée. Mais au moment où les gardes semblent vouloir disperser les députés, Mirabeau prononce cette phrase célèbre : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes ! »

     Le roi cède : « Eh bien, dit-il, s’ils ne veulent pas s’en aller, qu’ils restent ! » La révolte de ces députés, issus de la bourgeoisie, se transforme en une révolution juridique : la monarchie absolue est brisée !

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