La Révolution française est un film historique français de Robert Enrico et Richard T. Heffron. Il a été réalisé avec un important budget pour accompagner les célébrations du Bicentenaire de la Révolution française (1989). Il se divise en deux parties : Les Années Lumières (réalisé par Robert Enrico) et Les Années Terribles (réalisé par Richard T. Heffron). La première partie regroupe les événements de 1789 jusqu'à l'assaut des Tuileries le 10 août 1792.
« De par le Roi,

Notre aimé et féal.

Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter toutes les difficultés où Nous Nous trouvons relativement à l'état de Nos finances, et pour établir, suivant nos vœux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets et la prospérité de Notre royaume. Ces grands motifs Nous ont déterminé à convoquer l'Assemblée des États de toutes les provinces de notre obéissance, tant pour Nous conseiller et Nous assister dans toutes les choses qui seront mises sous nos yeux, que pour Nous faire connaître les souhaits et doléances de nos peuples, de manière que par une mutuelle confiance et par un amour réciproque entre le souverain et ses sujets, il soit apporté le plus promptement possible un remède efficace aux maux de l'État, que les abus de tous genre soient réformés et prévenus par de bons et solides moyens qui assurent la félicité publique et qui nous rendent à Nous particulièrement, le calme et la tranquillité dont Nous sommes privés depuis si longtemps. »

    Par cette lettre du 14 janvier 1789, Louis XVI convoque les États généraux à Versailles. En effet, la crise économique, le déficit du budget, les révoltes populaires et la crispation nobiliaire obligent le roi à rassembler les représentants (députés) des Français. Les 1118 députés réunis représentent les trois ordres : clergé, noblesse (marquis de La Fayette, héros de la guerre d'Indépendance des Etats-Unis) et tiers état (Mirabeau et Robespierre). Le roi, la reine, la cour et les ministres dont Necker assistent à la séance.

etat generaux    La cérémonie a lieu le 5 mai 1789 dans une vaste salle aménagée dans l’hôtel des Menus Plaisirs, avenue de Paris à Versailles. S'inspirant de la documentation de l'époque notamment de la gravure de Jean-Michel Moreau, Séance d'ouverture des états généraux, 5 mai 1789 (1789), le réalisateur reconstitue la Salle des Menus Plaisirs dans un studio à Joinville. Cette salle illustre la grandeur de la monarchie et le faste royal (immensité de la salle, raffinement des décorations, richesse du dais sous lequel trône le roi) renforcée par l'ajout d'un morceau de musique classique. Mais ce qui devait être un moment de sérénité et de concorde, se transforme rapidement en une contestation de la monarchie absolue. En effet, le roi et chacun des ordres défendent des intérêts différents.
    Le roi refuse toute innovation malgré quelques concessions. D'ailleurs la disposition de la salle avec une mise en place des députés par ordre, le tiers étant relégué au fond de la salle, marque cette volonté de ne pas changer l'ordre ancien.

    La noblesse (270 députés) souhaite en finir avec la monarchie absolue imposée par Louis XIV et reprendre ainsi ses pouvoirs d'autrefois. Le clergé (291 députés) souhaite maintenir le statu quo.

    Le tiers état (557 députés) aspire aux réformes. Un problème demeure : le vote. Si l'on vote par ordre, la noblesse et le clergé étant majoritaires (2 contre 1), les réformes ne pourront pas aboutir malgré la présence de réformateurs parmi eux ! Si l'on vote par tête, le tiers état étant majoritaire, il l'emporte ! Mais le roi refuse le vote par tête ce qui montre son refus de réformer le système politique.

    Devant la réaction des députés du tiers-état, le roi lève la séance. Même si à cette époque personne ne parle encore de révolution, cette date marque le début de la Révolution française. Le comte d’Osmond, l’un des rares gentilshommes de la cour à ne pas assister à la cérémonie d’ouverture des États généraux justifiait son absence ainsi : « C’est que je n’aime pas les enterrements et pas plus celui de la monarchie que les autres ».
   Ici le film défend défend la thèse d'une France coupée en deux : une partie acclame le roi (noblesse et clergé) et l'autre le boude (tiers état). Signe que ces deux France s'ignorent, on nous montre le dauphin qui découvre le tiers état...

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